Covid-19 : l’inquiétude des parcs d’attractions

Il y a 1 année 200

Économie

Les parcs de loisirs ne rouvriront pas à Pâques comme prévu, et craignent de voir encore leur saison largement amputée à cause de l’épidémie.

En 2020, les parcs d'attractions avaient pu ouvrir avec du retard en juin et avec des protocoles sanitaires comme le port du masque dans les attractions.

En 2020, les parcs d'attractions avaient pu ouvrir avec du retard en juin et avec des protocoles sanitaires comme le port du masque dans les attractions. © Luc Nobout / MAXPPP / IP3 PRESS
Par

S'époumoner sur des montagnes russes dans à peine deux semaines, cela paraît difficile à imaginer. En cette mi-mars, le moment est plutôt au tour de vis sanitaire qu'au relâchement des restrictions face au Covid-19. Les principaux parcs d'attractions prévoient pourtant de rouvrir aux alentours du 3 avril, comme chaque année après la fermeture hivernale. Seul Disneyland Paris, ouvert toute l'année d'habitude, mais fermé depuis le reconfinement fin octobre, a annoncé reporter sine die sa réouverture.

La plupart le reconnaissent toutefois : ça sent le roussi. « L'ouverture le 3 avril semble compromise », lâche Arnaud Bennet, président du Syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels (Snelac) et patron du Pal. Les réunions s'enchaînent avec le gouvernement, mais le brouillard persiste. « On n'a pas trop de visibilité, mais je pense que personne n'en a. »

À LIRE AUSSIÀ Val d'Europe, la magie de Disneyland Paris n'opère plus

Rouvrir en premier

« Si effectivement l'ouverture début avril n'était pas possible, on souhaiterait que nos parcs soient parmi les premiers ERP [établissements recevant du public, NDLR] extérieurs à rouvrir », explique le représentant des parcs. Pas comme au déconfinement en mai 2020, où leur cas avait été renvoyé aux calendes grecques et où Philippe de Villiers avait dû forcer la main d'Emmanuel Macron pour obtenir la réouverture de son Puy du Fou et de tous les autres parcs par ricochet.

Le protocole sanitaire à mettre en place apparaît également comme un point de crispation. « Visiblement, il y a une volonté du gouvernement de prévoir une matrice de réouverture par phases, mais ce n'est pas du tout adapté à notre secteur, s'inquiète Arnaud Bennet. On nous parle par exemple d'une jauge à 35 % dans un premier temps, mais 35 % de quoi ? Certains parcs n'ont même pas de capacité maximale. Nous sommes des lieux de déambulation en extérieur, il faudrait plutôt une jauge du type quatre personnes par mètre carré. »

À LIRE AUSSIParcs d'attractions : la France en miniature

Il souhaiterait que le protocole sanitaire appliqué en 2020 soit celui retenu pour 2021, plutôt que de tout recommencer à zéro. « On a fait la démonstration l'année dernière qu'on savait gérer la sécurité de nos visiteurs : aucun parc français n'a généré de cluster, ni dans le public, ni dans ses équipes. »

50 % de chiffre d'affaires perdu

S'ils se doutent qu'ils ne pourront pas commencer leur saison début avril comme prévu, les parcs sont surtout inquiets de voir leur date de réouverture repoussée à nouveau et de revivre le cauchemar de 2020 où ils n'avaient pu retrouver leurs visiteurs qu'en juin. « La saison dernière a déjà été amputée de plusieurs mois et on a perdu 50 % de notre chiffre d'affaires, rappelle Arnaud Bennet. Tous les parcs sont dans des situations inconfortables. Les parcs sont des entreprises solides, mais si ça continue comme ça, certains pourront avoir du mal à s'en sortir. » Avec la pandémie, beaucoup d'investissements ont déjà dû être repoussés. Disneyland Paris ne prévoit plus d'ouvrir sa zone Marvel avant 2022. Au Parc Astérix, la prochaine montagne russe a été décalée à 2023.

D'autant qu'ouverts ou pas, les parcs de loisirs doivent supporter d'importantes charges fixes pour l'entretien des attractions ou les soins et l'alimentation des animaux. « Ce n'est pas comme un restaurant ou une boutique où on a juste à tourner la clé et fermer la porte en attendant que ça reparte… » explique le président du Snelac, qui rappelle que le secteur « a dû attendre janvier pour avoir des aides qui prennent en compte cette spécificité ».

En attendant le feu vert sanitaire, les parcs doivent continuer la préparation de leur saison. Au Parc Astérix, les embauches sont prêtes et les attractions sont en train d'être remises en route. Ne reste plus que le défi de l'attente. Une drôle de guerre pour les Gaulois, qui, plutôt que de voir débarquer l'envahisseur Covid, rêveraient plutôt de retrouver les hordes de visiteurs. « On n'a qu'une envie, précisent les équipes du parc, c'est de rouvrir. »

Vous lisez actuellement : Covid-19 : l’inquiétude des parcs d’attractions

Agrandir le texte

Réduire le texte

Imprimer

Commenter

Ajouter aux favoris

Envoyer par email

Soyez le premier à réagir

Lire la Suite de l'Article