Et si les chambres de commerce étaient inutiles?

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Malgré les efforts réalisés ces dernières années, la Cour des comptes épingle les réseaux consulaires sur la viabilité de leur nouveau modèle économique et «la marginalité» de leur rôle.

Depuis plusieurs années les CCI, ont été contraintes de revoir leur modèle économique.

Depuis plusieurs années les CCI, ont été contraintes de revoir leur modèle économique. pixarno / stock.adobe.com

L'avenir des chambres consulaires s'assombrit encore un peu plus à l'aune du rapport 2021 de la Cour des comptes. Pour la première fois, les Sages de la rue Cambon estiment qu'une « évaluation complète et sans tabou de leur utilité pour les entreprises est indispensable». Ils posent en conséquence la question du maintien de leur financement public. Un coup dur, et particulièrement mal vécu dans le contexte de crise, par les 124 chambres de commerce et d'industrie (CCI) et 86 chambres de métiers et de l'artisanat (CMA). D'autant que la Cour juge que, depuis le début de la pandémie, le rôle des deux réseaux s'est borné « à donner gratuitement de l'information» et «apparaît marginal aux yeux des entreprises». Les deux présidents des têtes de réseaux respectifs (CCI France et CMA France) dénoncent «des analyses à charge et souvent dépassées» au regard des réformes engagées. Or, la Cour estime précisément que celles-ci sont trop lentes à se mettre en place, et doivent aller plus loin.


Ajustements dans la gouvernance
Les CCI et CMA, dont les budgets annuels respectifs s'élèvent à 3 milliards et 900 millions d'euros, ont été confrontées ces dernières années à une baisse de leurs activités, dont celles relevant de leurs missions de service public, ainsi qu'à une diminution de la taxe pour frais de chambre. Les deux réseaux et plus particulièrement les CCI, ont été contraints de revoir leur modèle économique. Mais pour la Cour, les domaines dans lesquels ces dernières prévoient de développer leurs offres «représentent un volume d'activité marginal». D'autant que les nouveaux services proposés se heurtent à la concurrence du privé, et le rapport souligne qu'«espérer que les utilisateurs d'hier deviendront demain des clients acceptant de payer des prestations qu'ils n'avaient pas à payer ou presque relève d'un pari audacieux».
Le rapport n'est pas plus tendre sur la structuration des réseaux eux-mêmes : la Cour rappelle que si les CCI et les CMA restent attachées au statut d'établissement public autonome, la loi Pacte de 2019 prévoit un fonctionnement centralisé dans lequel la stratégie, les moyens et les instruments de pilotage sont dévolus aux têtes de réseau. Or, elle considère que «des ajustements dans la gouvernance des réseaux apparaissent dès lors inéluctables».

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