Occitanie : La livraison n'est pas possible ? L'appli Foodr optimise la vente de repas à emporter

Il y a 1 mois 37

Un restaurant proposant des offres à emporter (illustration)

Un restaurant proposant des offres à emporter (illustration) — UGO AMEZ/SIPA
Les entrepreneurs occitans Florian Marcon et Hugues Trijasse ont lancé Foodr, une application de click and collect pour commander son repas auprès des restaurants. Un usage qui n’est pas, contrairement à la livraison, encore très optimisé, relève la jeune entreprise. Et surtout, l’application est disponible pour les zones rurales, qui sont peu desservies par les livraisons proposées par les grandes plates-formes. Le service proposé par Foodr est gratuit pour les clients, et prélève, pendant la crise du Covid-19, une commission de 5 %, à prix coûtant, auprès des restaurateurs.

Dans les villages de la petite Camargue, difficile de faire se livrer son repas à domicile, les grandes plates-formes se risquant rarement à aller plus loin que les zones urbaines. C’est ici, dans la campagne entre l'Hérault et le Gard, que Florian Marcon et Hugues Trijasse ont eu l’idée de lancer Foodr, une application de click and collect pour commander son repas auprès des restaurants. Un usage qui n’est pas, contrairement à la livraison, encore très optimisé, relève la jeune entreprise.

« Dans les villages, on est contraint de prendre à emporter », confie Hugues Trijasse, diplômé de Montpellier Business School, et dont l’associé est passé par l’école d’informatique Epitech. « Mais une fois au restaurant, il faut faire la queue, commander, payer, puis attendre que ce soit prêt. On s’est dit qu’il y avait sans doute un manque dans la digitalisation de la vente à emporter, qui est fastidieuse du côté du client, comme du côté du restaurateur. » Leur plate-forme, disponible gratuitement sur AppStore et Google Store, permet aux gourmands de faire leur choix parmi les restaurants, les épiceries, les boulangeries, les food-trucks ou les bars partenaires, de payer à distance, d’indiquer l’horaire de son choix, puis d’aller récupérer ses plats sur place.

L'application Foodr a été lancée par deux jeunes entrepreneurs d'Occitanie L'application Foodr a été lancée par deux jeunes entrepreneurs d'Occitanie - Foodr

« Un gros boom avec le confinement »

Aujourd’hui, une centaine de restaurants sont référencés par l’application, entre Montpellier et Nîmes, mais aussi à Paris. Et environ 5.000 utilisateurs ont passé commande sur Foodr, depuis son lancement. Le service, déployé en septembre, a connu « un gros boom avec le confinement », confie l’entrepreneur. Ces dernières semaines, le couvre-feu, en revanche, a quelque peu ralenti le rythme des commandes, la mesure n’autorisant pas le click and collect après 18 heures. Pour poursuivre son développement malgré tout, la start-up, incubée au sein de la pépinière Via Innova, à Lunel, a imaginé un service clés en main, qui permet aux établissements d’avoir leur propre boutique à emporter sur leur site Internet ou leurs réseaux sociaux. Et il n’est pas encore question, pour l’instant, que les deux entrepreneurs se lancent dans la livraison. « C’est beaucoup trop de logistique, nous sommes encore trop petits pour cela », confie Hugues Trijasse.

Quand on commande sur l’application Foodr, « pour le client, c’est totalement gratuit, il ne paie aucun frais supplémentaire, c’est le même prix qu’au restaurant, reprend l’entrepreneur occitan. Nous ne prenons, pendant la crise du Covid-19, qu’une commission de 5 %, à prix coûtant, auprès du restaurateur. Mais s’il souhaite uniquement être référencé sur l’application, c’est entièrement gratuit, pour lui aussi. »

« Nous jouons la carte locale »

Chez Uber Eats et Deliveroo, il n’y a pas, non plus, de frais pour les clients qui choisissent les offres à emporter, contrairement aux livraisons. Et pendant la crise, pour soutenir leur activité, c’est gratuit, aussi, pour les restaurateurs, a-t-on appris auprès des deux applications. « Depuis mars 2020 et le début de la crise sanitaire, nous ne prenons pas de commission sur la vente à emporter. Nous offrons ce service gratuitement aux restaurateurs », note Deliveroo. Chez Uber Eats, c’est pareil : depuis le 30 octobre, les restaurateurs ne paient aucune commission pour les commandes à emporter. Avant l’épidémie, elle était en moyenne de 15 %, indique la plate-forme.

Mais comment parvenir lorsqu’on est une jeune start-up à se faire une place dans un secteur dominé par les grandes plates-formes ? « Nous jouons beaucoup la carte locale, reprend l’entrepreneur. Nous contactons les restaurants pour leur présenter l’offre. Il n’y a pas de frein pour eux à refuser. Chaque restaurant qui est référencé va petit à petit toucher sa communauté, et ainsi de suite. Nous faisons aussi appel à des micro-influenceurs locaux, pour présenter notre application. Petit à petit, ça prend. » Et surtout, Foodr s’adresse en particulier aux zones rurales, que les gros du secteur ne livrent pas.

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